Bordeaux : aux Chartrons, la métamorphose étudiante de l’hôtel des ventes

C’est un bâtiment emblématique du quartier qui va accueillir l’agrandissement du campus et lui offrir de nouvelles capacités : l’hôtel des ventes, situé au 136 quai des Chartrons. Le bâtiment a été acquis par la foncière Rivage, qui a obtenu le permis de construire et s’apprête à lancer…

C’est un bâtiment emblématique du quartier qui va accueillir l’agrandissement du campus et lui offrir de nouvelles capacités : l’hôtel des ventes, situé au 136 quai des Chartrons. Le bâtiment a été acquis par la foncière Rivage, qui a obtenu le permis de construire et s’apprête à lancer les travaux de réhabilitation au profit du groupe d’enseignement privé.

Au 136 quai des Chartrons, l’hôtel des ventes, son portique et sa façade bien reconnaissables.

Au 136 quai des Chartrons, l’hôtel des ventes, son portique et sa façade bien reconnaissables.

Gw. B.

Le projet se nomme « Amiral ». Un clin d’œil à l’histoire maritime des quais et à la forme du bâtiment – un vaisseau de pierre long de 100 mètres. « Il est aussi notre vaisseau amiral dans la mesure où il est porteur de ce qui fait notre ADN, à savoir la recherche d’une démarche environnementale et énergétique », revendique Colin Rivoire, gérant asset management (gestion d’actifs) chez Rivage.

C’est une troisième vie pour cet édifice, dont l’activité a évolué au gré des mutations économiques du port de la lune. « On est presque sur une friche préindustrielle. Au départ, c’était un entrepôt de stockage de vins et spiritueux. », rappelle Nicolas Zweyacker (agence ZW/A), l’architecte du projet. « Il y a trente ans, des commissaires-priseurs l’avaient racheté mais n’en utilisaient que le rez-de-chaussée. Il n’était donc occupé que de façon très éparse, voire très vide dans ses étages supérieurs. »

Sur cette vue orientée sud, on découvre la longueur du bâtiment.

Sur cette vue orientée sud, on découvre la longueur du bâtiment.

Google Maps

Transformer cette coquille à moitié vide en ERP (établissement recevant du public) « ouvert sur la ville » permettra de densifier son usage. Voilà, pour les porteurs de l’opération, la première façon de le rendre plus « vert ».

« Un aménagement comme celui que nous menons permet d’éviter l’étalement urbain en accueillant des centaines d’étudiants en plein centre-ville », estime Laurent Bergeruc, directeur du campus Inseec de Bordeaux. De fait, l’hôtel des ventes se situe dans la continuité de l’actuel campus, qui occupe des locaux dans les hangars 16 à 19 de Bord’eau village (ex-Quai des marques).

Livraison à la rentrée 2023

Les travaux devraient commencer à la fin de ce mois de mars, pour une livraison à la rentrée 2023, annonce Nicolas Idelot, gérant ingénierie et construction chez Rivage.

La façade côté quai, au rythme caractéristique, sera remaniée. À ses pieds, un « jardin d’accueil » sera aménagé.

La façade côté quai, au rythme caractéristique, sera remaniée. À ses pieds, un « jardin d’accueil » sera aménagé.

RIVAGE & ZW/A

Au rayon environnemental, les plans présentés à « Sud Ouest » prévoient des terrasses végétalisées. Dans les cours avant et arrière, des espaces actuellement enrobés qui seront rendus perméables « afin de capter la pluie et la biodiversité ». Pour le volet énergétique, la toiture devrait accueillir près de 300 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, pour compenser les consommations accrues par la densification de l’« Amiral », plaident les concepteurs du projet.

« Un aménagement comme celui que nous menons permet d’éviter l’étalement urbain en accueillant des centaines d’étudiants en plein centre-ville »

Pas question, tout de même, de renoncer à l’aspect patrimonial du bâtiment, dont les deux façades sont répertoriées (mais pas classées), rappelle Nicolas Zweyacker. Elles seront remaniées, avec « un jardin d’entrée et un espace contemplatif côté quais ». Et, à l’arrière, un amphithéâtre de verdure Et aussi un amphithéâtre (un vrai) suspendu, au deuxième étage.

À l’arrière du bâtiment, un amphithéâtre suspendu verra le jour.

À l’arrière du bâtiment, un amphithéâtre suspendu verra le jour.

RIVAGE & ZW/A

À l’intérieur, il sera créé une « rue centrale » courant sur toute la longueur de l’édifice et desservant divers espaces latéraux. « Nous conservons par contre la trame des poteaux incarnant le passé d’entrepôt. » L’hôtel des ventes des commissaires-priseurs, au rez-de-chaussée, poursuivra lui aussi son activité.