Bordeaux : au Crédit municipal, les ventes aux enchères attirent curieux et pros des bonnes affaires

Bouteilles de vin, tableaux, instruments de musique, ménagères en argent, sculptures de tous styles, mais aussi stylos-plumes, fusils, et surtout bijoux, qui représentent habituellement près de 90 % des objets mis aux enchères : ce jeudi, un peu moins de 500 lots sont à saisir, égrainés par la voix dynamique de Maxence Mazzoni, commissaire-priseur.

Dette soldée, et parfois un boni

Ces ventes mensuelles permettent aux déposants dans l’incapacité de rembourser l’emprunt obtenu plusieurs mois plus tôt – six au minimum – de solder leur dette. « Les estimations sont basées sur la valeur globale du prêt, intérêts et frais annexes compris. Si un objet se vend mieux que prévu, la personne touche un boni. Elle peut également récupérer son bien jusqu’au dernier moment en le remboursant. Seuls 10 % des objets déposés sont finalement proposés à la vente », dévoile Charles Courau, directeur de l’étude qui organise les ventes aux enchères du Crédit municipal.

Charles Courau (à gauche) et Maxence Mazzoni entourent Lollie Doche, clerc de commissaire-priseur. Il leur faut compter environ trois semaines pour organiser une vente aux enchères.

Charles Courau (à gauche) et Maxence Mazzoni entourent Lollie Doche, clerc de commissaire-priseur. Il leur faut compter environ trois semaines pour organiser une vente aux enchères.

M. Q.

« En général, ici, les objets d’art reviennent 50 % moins cher que leur prix marché »

Lui est chargé de surveiller sur son écran d‘ordinateur la moindre proposition émise par Internet. Plus de 400 personnes, un peu partout en France et même en Europe, sont connectées ce jeudi. Dans la salle, agencée en petit amphithéâtre aux bancs couleur pastel, le va-et-vient est quasiment incessant, sauf au premier rang où se sont postés des habitués, concentrés. De potentiels acquéreurs pistent l’annonce du lot repéré. Les curieux observent. Annie ne savait pas qu’il fallait venir voir les objets la veille, nouvelle procédure au Crédit municipal afin d’éviter de les présenter le jour J pour des raisons de sécurité. Elle qui rêvait d’une bague Art déco ira chercher son bonheur ailleurs.

Se faire plaisir à un prix moindre

Bernard, lui, affiche un grand sourire en ressortant avec une statuette de femme acrobate dodue en bronze dans les bras. « J’aime l’art, je viens de temps en temps pour me faire plaisir », confie-t-il, content de ne pas avoir perdu son temps : mise à prix 150 euros, adjugée à 280. « Je m’étais fixé 300, c’est bon, malgré ce monsieur au téléphone qui a fait monter le prix ! Mais ça reste une bonne affaire : en général, ici, les objets d’art reviennent 50 % moins cher que leur prix marché. » Lonis aussi s’avoue satisfait : il repart avec trois sacs Louis Vuitton et plusieurs centaines d’euros en moins, « mais j’en ai quand même raté deux, ça montait trop ».

« 460 euros… 470… Non, trop tard, adjugé 460 », tranche Maxence Mazzoni, qui essaie de maintenir un rythme soutenu dans les ventes : près de 500 ce jeudi. Avec parfois des lots vendus à des prix qui étonnent : « Une marque peut faire décoller les prix », avoue Charles Courau. Cela a été le cas, ce jeudi, avec des carrés de soie Hermès.

« 460 euros… 470… Non, trop tard, adjugé 460 », tranche Maxence Mazzoni, qui essaie de maintenir un rythme soutenu dans les ventes : près de 500 ce jeudi. Avec parfois des lots vendus à des prix qui étonnent : « Une marque peut faire décoller les prix », avoue Charles Courau. Cela a été le cas, ce jeudi, avec des carrés de soie Hermès.

M. Q.