Bordeaux : à la Rocket School, « on met les bonnes personnes aux bons endroits »

D’une promotion de 22 personnes en octobre 2021, l’établissement va…

D’une promotion de 22 personnes en octobre 2021, l’établissement va passer à trois promotions, de trente personnes, par année. « La prochaine va commencer le 27 juin, puis une autre octobre, et une en février 2023 », affirme la nouvelle directrice, Sarah Filipuzzi. Pour la prochaine échéance, les candidatures pleuvent, « on en reçoit au moins 90 par semaine », précise-t-elle.

Il faut dire que la formation pour devenir « digital business developer », comprendre commercial 3.0 pour les start-up, répond à des besoins d’emplois urgents. « On leur apprend à manier les outils digitaux pour développer le business de l’entreprise, c’est un métier porteur, qui s’adresse à n’importe quel secteur », décrit la directrice. Rien que sur la région élargie de Bordeaux, Pôle emploi a recensé 8 610 projets de recrutements de commerciaux.

Les cours sont assurés par des professionnels, issus de start-up locales.

Les cours sont assurés par des professionnels, issus de start-up locales.

David Thierry/ « SUD OUEST »

Recruter sur la personnalité

Une fois admis, les élèves suivent trois mois de cours intenses, et partent en alternance un an. Si leur futur et celui de l’organisme semblent prometteurs, les six mois passés ont également offert leur lot de défis, notamment dus à la politique de recrutement de l’établissement.

Entreprise de l’économie sociale et solidaire, la Rocket School recrute ses élèves sur la base de leur personnalité, et non sur celle de leurs expériences professionnelles ou diplômes. « On s’intéresse à des choses comme la curiosité ou l’adaptabilité », précise Sarah Filipuzzi. Le raisonnement est simple, tout le monde à droit à sa chance, l’organisme s’occupe ensuite de « mettre les bonnes personnes aux bons endroits ».

La dernière étape avant d’intégrer la formation, consiste à trouver une alternance. L’entreprise doit donc accorder sa confiance à la formation de la Rocket School, et aux futures compétences du candidat. « On a eu quelques difficultés à convaincre les boîtes au début, il a fallu passer le cap de la confiance, c’est difficile de changer les codes », reconnaît la directrice. Mais le travail a porté ses fruits, en six mois, la Rocket School a plus que doublé son nombre d’entreprises partenaires, de 30 à 70.

Un métier en tension

Le processus de recrutement a séduit les étudiants. « Ça nous permet de réfléchir à notre vision du métier, on se projette », se souvient Audrey Claisse. À l’image de cette ancienne consultante de 34 ans, la première promotion a une moyenne d’âge de trente ans. Elle se compose d’un public en reconversion professionnel, séduit par la pertinence du métier sur le marché de l’emploi. « C’est un job en tension, donc on aura la certitude de trouver du boulot », explique Bernard Herbon, 47 ans.