Bergerac : ils font de la réinsertion par le travail de la vigne

À gauche, l’élu régional Benoît Tirant, en discussion avec Jean-Pierre Ditsch.

À gauche, l’élu régional Benoît Tirant, en discussion avec Jean-Pierre Ditsch.

Grégoire Morizet

C’est l’association Bergerac actions solidarité emploi (Base) qui leur a mis le pied à l’étrier, grâce à cette initiative unique. Depuis quatre ans, elle dispose ici d’une parcelle pédagogique afin de favoriser le retour à l’emploi de ceux qui s’en sont éloignés par choix ou accident de la vie.

Unique en Nouvelle-Aquitaine

Quand Jean-Pierre Ditsch, directeur de Base, l’a sollicité, Frédéric de Monner, du domaine Puypezat-Rosette, n’a pas hésité. « On s’est fait confiance mutuellement. Et puis j’avais envie d’être utile », explique-t-il. Il a donc mis à sa disposition deux parcelles afin que l’association puisse déployer son initiative, avec la création d’une entreprise d’insertion viticole.

Avec ces vignes, Jean-Pierre Ditsch souhaitait favoriser le retour à l’emploi tout en participant au développement économique local. Les personnes qui se retrouvent ici sont adressées par Pôle emploi ou la Mission locale. En immersion complète dans ce petit vignoble, elles apprennent un métier dans un secteur où les besoins de main-d’œuvre sont importants. Non seulement elles développent les compétences de cette activité, mais aussi la rigueur indispensable à tout métier : « Ils apprennent la mise en sécurité, les ports d’équipements, les différentes règles, à prendre soin d’eux », décrit Jean-Pierre Ditsch.

Cet exemple d’économie sociale et solidaire, auquel la Région participe financièrement, serait un cas unique en Nouvelle-Aquitaine. Benoît Tirant, élu régional délégué à la politique de la ville, est conquis par l’initiative, qui « aurait du sens dans d’autres vignobles régionaux ».

« La Parcelle »

Toute la culture de la vigne est réalisée par les ouvriers en insertion, sous les regards croisés d’Antoine Gounou, responsable de cette formation pour Base, et Frédéric de Monner, le propriétaire des lieux. En revanche, ce dernier s’occupe de toute la partie chai.

À l’arrivée, environ 22 hectolitres de vin sont produits chaque année. Une partie est mise en bouteille sous l’étiquette « La Parcelle, l’innovation solidaire ». « Ce n’est pas pour le vendre [NDLR : le vin] mais pour communiquer sur ce qu’on fait ici, explique Jean-Pierre Ditsch. Notre cœur de métier reste l’insertion et la formation. »

Le rosette est mis en bouteille sous le nom « La Parcelle ».

Le rosette est mis en bouteille sous le nom « La Parcelle ».

Grégoire Morizet