Bassin d’Arcachon : visite d’une surprenante friche industrielle à Marcheprime

Le maire Manuel Martinez et Maryse Dubernet.

Le maire Manuel Martinez et Maryse Dubernet.

D. G.

La parcelle de 10 hectares qui s’étend entre la voie ferrée, la déchetterie et la caserne des pompiers, comprend cinq hectares d’espaces boisés et cinq hectares de friche industrielle, (dont trois appartiennent à la commune), et fait l’objet d’une réflexion pour l’aménagement d’un futur quartier.

Quatre-vingts années d’histoire

Le passé de cet espace s’ancre véritablement dans l’histoire de la commune. En 1937, la Compagnie des produits résineux a installé sur le site une distillerie qui fonctionnera jusqu’en 1969. Jacques Blieck, qui donnera son nom à une rue bien connue des Marcheprimais, a, à cette époque, acquis quelque 10 000 hectares de forêts de pins en vue de leur exploitation, pour produire de l’essence térébenthine. 1 300 arbres sont nécessaires pour obtenir une barrique, et la distillerie en sort 45 par jour.

L’histoire passionnante du lieu a captivé les visiteurs.

L’histoire passionnante du lieu a captivé les visiteurs.

D. G.

La société Renault a ensuite pris le relais de 1972 à 2003. Le constructeur automobile rachète la partie construction et usinage des moteurs à la société Couach. Pendant dix ans, plus de 350 employés se relaient sur site. Les chocs pétroliers contraignent Renault à réduire considérablement son activité, via sa filiale Mecagir, puis Prim, (Produits de rénovation industriel de Marcheprime), qui teste les moteurs et les pièces détachées, à plein régime, pour les corriger et les rendre plus fiables.

La cheminée de la distillerie.

La cheminée de la distillerie.

D. G.

En 2003, Renault qui recentre son activité sur quelques sites, ferme Marcheprime. Exceptionnellement autorisés à pénétrer les lieux, les visiteurs du jour, ont découvert les bâtiments de banc d’essai, de stockage des moteurs neufs, d’impression des notices, d’expédition, la cantine ou les bureaux de la direction (actuelle boutique solidaire), le tout fragilisé par le temps et balisés par sécurité. La municipalité rappelle d’ailleurs que l’accès au site est interdit.

Souvenirs…

Parmi les visiteurs, Maryse Dubernet, redécouvre l’usine avec émotion. Elle a bien connu les lieux, puisqu’elle a travaillé dix années sur le site, en tant que secrétaire du SAV pour Renault Marine. La page était tournée, elle ne voulait pas revenir mais s’est laissé tenter par cette visite. Elle a rapporté son album photo et évoqué quelques souvenirs, dont les venues d’Antoine, qui chantait alors ses « Élucubrations », pour tester le moteur de son bateau en amont de son voyage. À Marcheprime, ce sont des familles entières qui, comme Maryse, ont travaillé ici. Il n’était pas rare que le père soit distillateur à l’époque de la Compagnie des produits résineux, quand le fils était mécanicien chez Renault Marine, quelques années plus tard.

Projet urbanistique

Depuis 2003, la nature a repris ses droits. Les bâtiments sont restés en l’état, portant les traces du temps et des graffitis improvisés. De façon plus officielle, le site a accueilli, fin mars, l’exposition éphémère « Eclypse » organisée par le collectif d’artistes Nuit chromée. Les arts de rue, visuels et sonores ont investi alors le bâtiment 1 pour une expérience immersive. Le site est voué à la démolition. La municipalité, qui procède actuellement aux études techniques préalables à un aménagement de la parcelle, souhaite néanmoins « garder quelque chose qui reflète le patrimoine ».

Exposition éphémère Eclypse.

Exposition éphémère Eclypse.

D. G.