Bassin d’Arcachon : la Voilerie du Bassin prend le vent portant dans l’Actipôle de Gujan-Mestras

« On avait un manque de place évident, raconte Vincent dans ses nouveaux locaux, même si la cabane du port de Gujan fait quand même 15 mètres de long. On l’a reconvertie en atelier de mécanique et pour les gréements. Là-bas, on perce, on découpe, on y fait tout le travail salissant en fait. Et ici, dans l’Actipôle, on fait les voiles. »

300 voiles par an

Vincent Le Serec a déménagé une grande partie de l’activité de la Voilerie du Bassin dans un bâtiment neuf dans l’Actipôle de Gujan-Mestras.

Vincent Le Serec a déménagé une grande partie de l’activité de la Voilerie du Bassin dans un bâtiment neuf dans l’Actipôle de Gujan-Mestras.

David Patsouris

Vincent est né ici, sur le Bassin. Il a pas mal navigué (quelques tours de France à la voile, des Transats, champion du monde des pinasses à voile sur le Bassin en 2015 avec celle de Gujan, etc.) et il navigue encore pas mal, dès qu’il le peut, sur son Jouët 680 ou sur son monotype d’Arcachon. Il surfe aussi. Il lui fallait l’océan, le vent, être tout près de la mer, ou alors sur la mer. Il a travaillé dans la voilerie comme on attrape la queue du Mickey sur un manège, et il ne l’a plus lâchée. Fabrique-t-on des voiles dans les banlieues des grandes villes ? Non. Les voiles se font au bord de l’eau.

« Quand je dessine une voile, je me base énormément sur ce que j’ai appris en naviguant »

La Voilerie du Bassin produit aujourd’hui environ 300 voiles par an, contre 150 à 200 en 2016, quand nous l’avions rencontré. Dans l’Actipôle, l’entreprise se déploie mieux. « L’emprunt pour racheter l’entreprise était remboursé, alors, avec mon épouse, on a emprunté à nouveau pour acheter ce bâtiment qu’on a partagé en deux, la voilerie d’un côté et Gaz Bassin de l’autre. »

Si elles sont découpées à La Rochelle, les voiles de la Voilerie du Bassin sont imaginées et cousues à Gujan-Mestras.

Si elles sont découpées à La Rochelle, les voiles de la Voilerie du Bassin sont imaginées et cousues à Gujan-Mestras.

David Patsouris

Les voiles sont conçues ici, découpées en sous-traitance à La Rochelle, et cousues à Gujan-Mestras avec les six machines à coudre de l’entreprise. Des machines qui valent entre 15 et 20 000. Vincent a appris son métier en autodidacte, son expérience en mer et dans le vent, demeure sa vraie boussole : « Quand je dessine une voile, je me base énormément sur ce que j’ai appris en naviguant. Il n’y a pas d’école. Il faut maîtriser le comportement futur d’un mat, anticiper les déformations, et surtout adapter la voile à l’utilisation qui en sera faite. »

Artisanal

Sa clientèle est à 90 ou 95 % sur le Bassin, beaucoup de particuliers, des clubs de voile. Il travaille aussi avec les chantiers locaux, Bossuet et Bonnin notamment, mais aussi Couach. « Bleu de Mer 2 », la pinasse à voile du négociant en vins Bernard Magrez a remporté le championnat du monde (même si avec les pinasses, le monde se résume au bassin d’Arcachon) avec des voiles de la Voilerie du Bassin. Tout ça demeure artisanal, à la demande du client : « Tous les bateaux sont différents, toutes les utilisations ou les navigations sont différentes, alors tous les jeux de voiles sont eux aussi différents. » Les prix aussi : de 300 à 10 000 euros. « Mais aussi cher, c’est pas souvent, n’est-ce pas ? »

La Voilerie du Bassin bénéficie aussi du « bruit des pontons » pour se faire connaître. « C’est un petit milieu, il y a beaucoup de bouche-à-oreille. Il faut entre un et trois jours pour faire une voile. On a toujours deux ou trois mois de visibilité, c’est comme ça que ça fonctionne. » En ce moment, sur le carnet de commandes, il y a deux spis, deux voiles de régate pour des Europe, une voile de bac à voile du Bassin, une autre pour un Swan 48 à Fontarrabie dans le Pays basque espagnol.