Bassin d’Arcachon : ils mettent au point un procédé permettant de dépolluer les moteurs diesel

Leur système, installé à la sortie d…

Leur système, installé à la sortie d’un pot d’échappement, permet d’en piéger le carbone tout en éliminant les particules fines. Une invention baptisée Compact Carbon Catcher (CCC) sortie du cerveau fécond de Laurent Geulin. Ce chercheur entrepreneur, natif d’Arcachon, a enseigné à Standford, Polytechnique, Bordeaux 1 et travaille pour Alpha RLH où il est justement chargé de mission décarbonisation. Son binôme, Didier Revardel, celui qui « transforme la théorie en pratique », a créé sa société et réalise des bilans carbone. Le sujet, ils le connaissent.

Une solution immédiate

Laurent Geulin a commencé ses travaux sur un pick-up neuf rejetant 270 grammes de carbone au kilomètre. Équipé du CCC, le taux a été ramené sur la route à 49 g, atteignant même en laboratoire le seuil des 5 g. « La qualité de l’air mesuré à la sortie du pot d’échappement est supérieure à celle de l’air ambiant », résume-t-il.

Le système mis au point par l’entreprise CIA a permis de dépolluer un vieux car dans le cadre d’un partenariat avec Kéolis.

Le système mis au point par l’entreprise CIA a permis de dépolluer un vieux car dans le cadre d’un partenariat avec Kéolis.

CIA

Des industriels français de l’automobile m’ont expliqué avoir tourné la page du thermique, ne se focalisant plus que sur l’électrique. Mais entre demain et aujourd’hui, ils n’ont pensé à rien.

Cette année, c’est un car de vingt ans dont le taux de C02 dépassait les 5 000 ppm (l’air ambiant est à 500) que le duo est parvenu à dépolluer. Pourquoi, alors, ne parvient-il pas à convaincre ? « J’ai rencontré des industriels français de l’automobile qui m’ont expliqué avoir tourné la page du thermique, ne se focalisant plus que sur l’électrique. Mais entre demain et aujourd’hui, ils n’ont pensé à rien », expose Laurent Geulin rappelant qu’il y a « des dizaines de millions de voitures diesel qui circulent en France et qu’après c’est en Afrique ou en Inde qu’elles finiront. »

On ne fait pas l’apologie du pétrole. Ce que l’on propose, tant qu’on y a recours, c’est une transition écologique et économiquement viable.

« On ne fait pas l’apologie du pétrole » martèle Didier Revardel. « Ce que l’on propose, tant qu’on y a recours, c’est une transition écologique adaptée et économiquement viable. On a la solution pour agir immédiatement. Qu’il s’agisse des voitures, des camions, des cars, des bateaux, des groupes électrogènes ou des chaudières. »

Aidés ou contraints au départ

Taxés de défenseurs des énergies fossiles, les deux hommes se sont heurtés, comme ils l’expliquent « à un certain lobbying » qui les laisse quasiment exsangues sur le plan financier. Mis en lumière lors du Salon nautique d’Arcachon 2022, ils viennent toutefois de remporter un appel à projet émanant de la Communauté d’agglomération du sud Bassin (Cobas) et bénéficient d’un peu de répit. Mais c’est d’un engagement fort dont ils assurent avoir besoin. Lequel pourrait peut-être venir de l’entreprise Time for The Planet qui vient de leur témoigner son intérêt.

« Si l’on ne nous donne pas de moyens financiers, nous devrons arrêter… Ou partir. Nous avons besoin de partenaires industriels et de mécènes » préviennent-ils rappelant qu’en attendant, la Suisse ou les États-Unis soutiennent activement des programmes similaires.