Bassin d’Arcachon : chez Rep’Eyre, le recyclage est un mode de vie

  • Le tri représente la plus grosse activité de la recyclerie.

    Le tri représente la plus grosse activité de la recyclerie.

    Sabine Menet

  • Il en va de même de la valorisation.

    Il en va de même de la valorisation.

    Sabine Menet

Des bénévoles qui furent précisément à son origine. À l’instar de Christine Lammens, l’une des coprésidentes de Rep’Eyre. Cette institutrice fait partie du noyau dur qui, en 2013, œuvra à la création de la recyclerie. « J’arrivais du Nord, là-bas, c’est chose courante », se rappelle-t-elle. Cette envie de donner une seconde vie aux objets, elle la partage avec d’autres, notamment les membres de l’association belinoise Courant Alternatif. Pascal Couderc est l’un d’eux. Bénévole en 2013, il est devenu depuis 2015 salarié de l’association.

« Stop à la surconsommation »

« Au départ, nous avons fait appel à une trentaine de familles qui nous ont permis de financer la location d’un premier local de 300 m2 rue du stade », expliquent-ils. Ce local, les membres de l’association l’équipent de rayonnages et y déposent leurs propres objets inusités. Ils sont très vite rejoints dans leur dynamique. L’espace vient à manquer et des premières embauches s’opèrent à travers des contrats aidés.

« Notre propos, c’est aussi l’emploi local. Avec Rep’Eyre, on a démontré que l’on pouvait créer des emplois sans faire appel à un grand groupe », illustre Christine Lammens en évoquant à demi-mot le projet controversé d’implantation d’une plateforme géante d’e-commerce sur la commune. « Ici, nous créons ensemble, à taille humaine. » Et la bonne humeur souriante qui émane des salariés et des bénévoles atteste de la pertinence du concept.

« Avec Rep’Eyre on a démontré que l’on pouvait créer des emplois sans faire appel à un grand groupe. Ici, nous créons ensemble, à taille humaine »

  • Un espace est dédié aux vêtements.

    Un espace est dédié aux vêtements.

    Sabine Menet

  • Faute de place, les marchandises attendent dehors d’être triées.

    Faute de place, les marchandises attendent dehors d’être triées.

    SabineMenet

  • Les collectivités fournissent également la recyclerie, notamment avec du mobilier scolaire.

    Les collectivités fournissent également la recyclerie, notamment avec du mobilier scolaire.

    Sabine Menet

  • L’ameublement occupe une place importante.

    L’ameublement occupe une place importante.

    Sabine Menet

  • La recyclerie dispose d’un local de 1000 m2.

    La recyclerie dispose d’un local de 1000 m2.

    Sabine Menet

  • Des rayonnages sont dédiés aux livres.

    Des rayonnages sont dédiés aux livres.

    Sabine Menet

  • La vaisselle et l’électroménager occupent également un espace important.

    La vaisselle et l’électroménager occupent également un espace important.

    Sabine Menet

Pour Pascal Couderc, l’engagement est une évidence. « Il n’y a qu’à se rendre dans une déchetterie pour se rendre compte que nous allons dans le mur », dit-il. « L’avenir de demain, c’est le recyclage », affirme Cathy Dazereix, également coprésidente. Pour Françoise Stourm, autre coprésidente de l’association, un seul leitmotiv : « Stop à la surconsommation. » Et il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte de la situation.

Particuliers et déchetteries

Depuis 2017, avec le soutien de la Communauté de communes du Val de l’Eyre, la recyclerie s’est implantée dans un local de 1 000 m2 sur la zone Sylva 21. Et déjà, elle est à l’étroit. Les marchandises affluent. Mobilier, vélos, vaisselle, vêtements, électroménager, hi-fi, informatique, luminaires, articles de sport, livres, jeux : dans l’entrepôt, les rayonnages débordent.

Les apports proviennent de particuliers qui, du mardi au samedi, de 10 à 12 heures, peuvent venir déposer leurs marchandises directement sur le site. Les membres de Rep’Eyre font tous les soirs une tournée dans les déchetteries de Belin-Béliet et du Barp où des bornes spéciales ont été implantées. Ils se déplacent également, exclusivement sur le territoire du Val de l’Eyre, pour récupérer des encombrants au domicile des particuliers.

Tous les jours, les salariés récupèrent le contenu de bennes dédiées installées dans les déchetteries de Belin-Béliet et du Barp.

Tous les jours, les salariés récupèrent le contenu de bennes dédiées installées dans les déchetteries de Belin-Béliet et du Barp.

Sabine Menet

Quant aux ventes, elles ont lieu les vendredis et samedis, de 10 à 18 heures, ainsi que tous les premiers mercredis du mois, de 10 à 17 heures. Pour y prétendre, il suffit de s’acquitter d’une cotisation dont le prix minimum est fixé à… 2 euros.

Animations et ateliers pour échanger

L’activité n’a aucun but lucratif. « Nous ne voulons pas nous développer. Ce qu’il faut, ce sont d’autres recycleries et des filières de proximité, pouvant reprendre les invendus », estime Christine Lammens, qui entend également relancer les ateliers mis en sommeil avec la crise sanitaire. À commencer par celui dédié aux vélos et animé par Miguel Corroza-Gonzalez, récemment disparu et qui fut également une cheville ouvrière de Rep’Eyre. « Pour que, ensemble, on apprenne à réparer et échanger nos savoir-faire », précise l’équipe.

Participant chaque année à la Semaine européenne de réduction des déchets, à celle du développement durable et celle de la mobilité, la recyclerie propose également des animations. Les prochaines auront lieu le 22 avril avec un troc de graines et le 27 mai avec un troc aux plantes. Chez Rep’Eyre, comme disait Lavoisier, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.