Bassin d’Arcachon : à 87 ans, il dort dans un camping-car pour rester près de sa femme en clinique de repos

Claudine, 89 ans, vit depuis le 14 novembre 2021 à la maison de repos La Rose des sables, au Teich. Elle s’est fait opérer des hanches. Elle peine à se déplacer sans aide dans les couloirs. Elle avait déjà du mal à monter des escaliers avant son opération. Maintenant, il faut un ascenseur.

Le camping-car.

Le camping-car.

G. C.

C’est pour cette raison que Pierre a décidé de se séparer de l’appartement qu’ils louaient depuis 28 ans au premier étage d’une résidence à Biscarrosse. Il voyait depuis longtemps les difficultés de sa femme dans les escaliers et essayait de l’aider comme il pouvait. Le couple avait alors demandé au bailleur social de changer de logement pour un rez-de-chaussée. Sauf qu’on ne leur a proposé que des appartements en hauteur.

Quand, début novembre, sa femme a dû entrer à l’hôpital pour se faire opérer puis rester en maison de repos, Pierre a préféré rendre les clés de l’appartement dans lequel le couple a fait sa vie : « Je voulais rester près d’elle. Et Claudine n’aurait pas pu monter les marches alors à quoi ça servait de le garder ? » Et depuis ? Ils sont sans domicile fixe, Pierre dans son camping-car et Claudine dans sa maison de repos.

Claudine dans sa maison de repos.

Claudine dans sa maison de repos.

G. C.

Ils ne se sont jamais séparés. Ils ne supportent pas d’être éloignés l’un de l’autre : « On ne s’est jamais quitté, ça a été le martyre », déclare Claudine, les larmes aux yeux. Assis face à face dans un petit salon de la maison de repos, leur émotion est palpable.

Il est notoirement difficile de trouver un logement sur le bassin d’Arcachon, surtout avec un petit budget comme celui de Pierre et Claudine. Et la famille ? Leur fille est décédée et n’a pas eu d’enfant. Leur seul espoir est entre les mains des assistantes sociales. Leur dossier est dans l’interminable pile des demandes de logement social.

Pourtant, le couple ne pourra pas se retrouver avant d’avoir trouvé un logement décent et accessible pour Claudine. « Tant que la solution est un camping-car, il est impossible pour nous de la laisser repartir avec son époux », confie le directeur de la clinique. Le couple est désespéré par cette situation qui dure depuis des mois. Et qui n’a pas l’air d’avancer. « On a l’impression que personne ne nous aide. »