Bactérie E.coli dans les pizzas Buitoni : vaste opération de perquisitions

Les pizzas surgelées de la gamme Fraich’up produites dans cette usine avaient fait l’objet d’un rappel mi-mars après la cinquantaine de cas confirmés de syndrome hémolytiques et urémiques et d’infections aux bactéries E.Coli, en lien avec la consommation de ces pizzas. L’accès à l’entreprise est bloqué et interdite par la gendarmerie.

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La famille de la petite Eléa, à Saint-Jean-de-Luz (64), a porté plainte contre X. Si la fillette a été sauvée in extremis après avoir mangé une pizza Fraich’up Buitoni, « c’est qu’elle a eu de la chance » admet sa mère aujourd’hui. Son témoignage en dit long sur ce scandale sanitaire alimentaire

Une enquête pour « homicides involontaires », « tromperie » et « mise en danger d’autrui » a été ouverte depuis le 22 mars par le parquet de Paris. La préfecture avait interdit la production des pizzas Buitoni dans l’usine « jusqu’à la remise en conformité avec la réglementation en vigueur » après des contrôles pointant de graves manquements aux règles d’hygiène.

La perquisition sur l’usine du groupe Nestlé est menée selon la gendarmerie par des gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Au même moment, à 200 kilomètres de là, leurs collègues entamaient d’autres perquisitions au siège social de Nestlé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

Selon une source proche du dossier, une trentaine de personnels de l’Oclaesp ont répété la même opération dans quatre autres sites professionnels et à des domiciles en France.

Anomalies

Le préfet du Nord avait interdit par un arrêté préfectoral le 1er avril la production de pizzas au sein de cette usine, suite « à deux inspections d’hygiène approfondies » menées les 22 et 29 mars par des agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Nord et de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Ces inspections « ont mis en évidence un niveau dégradé de la maîtrise de l’hygiène alimentaire », précisait l’arrêté, pointant notamment « la présence de rongeurs et l’absence de moyens de protection contre l’entrée des nuisibles et de lutte contre les nuisibles efficaces et adaptés à une activité alimentaire » ainsi que le « manque d’entretien et de nettoyage des zones de fabrication, de stockage et de passage ».

Ces anomalies « constituent une source importante de contamination microbiologique, physique ou chimique des denrées alimentaires manipulées dans l’établissement, qui dès lors présentent ou sont susceptibles de présenter un danger pour la santé des consommateurs », selon l’arrêté.

Buitoni avait alors indiqué « coopérer étroitement avec les autorités dans le cadre de leur enquête » pour déterminer la provenance de la bactérie E.coli et travailler « sur un plan d’action et des mesures appropriées suite à cet arrêté préfectoral ».