Automobile : le futur de la collection se joue chez les « youngtimers »

Volkswagen Golf, Citroën AX ou BX, Peugeot 205 : ces voitures produites massivement ont envahi les salons de passionnés comme Rétromobile, ouvert jusqu’à dimanche à Paris. Renault y fête aussi les 50 ans d’un modèle produit à plus de cinq millions d’exemplaires, la Renault 5, entre séries spéciales et modèles Turbo.

« Elles touchent ceux qui ont maintenant l’âge de s’intéresser aux voitures de collection, entre 30 et 50 ans », explique Antoine Rachet, responsable pour la France de la plateforme d’enchères Benzin. « Et elles ont un prix bien inférieur aux classiques des années 1960. Mais les gens sont prêts à mettre le prix sur un véhicule à l’historique limpide ou bien restauré », dit-il.

Les voitures des années 1960 et 1970 ont en effet atteint des sommets aux enchères, mais il n’est plus rare de trouver la Peugeot 205 GTI, produite entre 1984 et 1992, à plus de 20 000 euros, soit son prix à sa sortie. Ces « youngtimers », soit des voitures âgées de 20 à 40 ans, ont vu leur valeur exploser au cours de ces dix dernières années en passant du monde de l’occasion à la collection.

« À partir du moment où des gens avec une veste matelassée et des mocassins veulent une 205 GTI dans leur collection, les cours augmentent forcément, et ces voitures échappent un peu aux passionnés de la première heure », explique François-Xavier Basse, qui a lancé le magazine « Youngtimers » en 2010.

Un tiers des collectionneurs détient déjà une « youngtimer » des années 1990. « Ça me rappelle quand j’ai commencé en mécanique », raconte devant une 205 en vente un visiteur de Rétromobile, Francis Delahaye, 70 ans. « On peut rouler avec, elles sont sûres, et on trouve les pièces ».

La Peugeot 205 GTI peut atteindre facilement les 20 000 euros, soit son prix à sa sortie.

La Peugeot 205 GTI peut atteindre facilement les 20 000 euros, soit son prix à sa sortie.

ERIC PIERMONT / AFP

La menace des ZFE

Mais ces jeunes anciennes sont menacées : leur circulation sera limitée avec l’entrée en vigueur des zones à faibles émissions (ZFE), qui interdit progressivement les centres-villes français en semaine aux voitures à essence d’avant 2006 et diesel d’avant 2010.

Les voitures avec une carte grise de collection (âgées de plus de 30 ans) bénéficieront d’un passe-droit, a assuré le ministre français des Transports en février. Mais quid de ces voitures entre deux âges, bien plus confortables et fiables au quotidien que les anciennes, mais aussi plus polluantes que les modèles plus récents ? « Il faut éviter les dérives. Le collectionneur doit être conscient qu’il ne peut pas utiliser son véhicule tous les jours », souligne Sébastien Berthebaud, de la Fédération française des véhicules d’époque (FFVE).