Automobile : en 2030, Stellantis se rêve en machine à cash géante et électrique

L’entrée principale de l’usine Stellantis Mirafiori, à Turin, en Italie, le 18 janvier 2021. L’entrée principale de l’usine Stellantis Mirafiori, à Turin, en Italie, le 18 janvier 2021.

Beaucoup plus gros, beaucoup plus électrifié et toujours aussi rentable… Il veut tout, Carlos Tavares. Le directeur général de Stellantis a dévoilé, mardi 1er mars, les contours de ce que sera son entreprise en 2030, révélant un appétit de croissance et de profitabilité toujours aussi vorace, quelques jours après avoir publié des résultats ébouriffants pour un constructeur automobile.

Oui, il ose tout, Carlos Tavares, y compris se projeter à dix ans dans ce monde chaotique et dangereux. La posture est revendiquée dans le nom même de son plan stratégique de long terme : Dare Forward (« oser aller de l’avant »), présenté dans une friche industrielle des faubourgs d’Amsterdam (le groupe a son siège social dans la métropole hollandaise). La vieille usine en brique est devenue un lieu de création culturelle, rappelant, au passage, que les entreprises centenaires peuvent radicalement se réinventer.

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Né il y a un an de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler, le constructeur franco-italo-américain aux 6 millions de voitures, aux 14 marques (dont Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep, Alfa Romeo, Maserati…) et aux 300 000 salariés compte doubler de taille d’ici à la fin de la décennie. L’objectif est de passer de 150 milliards à 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires, tout en maintenant une rentabilité à deux chiffres sur la période et en se targuant même de dépasser les 12 % de marge opérationnelle à la toute fin du plan.

Mais ce qui frappe est que cette croissance ultrarentable devrait aller de pair avec une électrification tous azimuts, à l’image de la flottille d’une trentaine de véhicules rechargeables de la marque alignés mardi et destinés à être essayés par les journalistes et analystes financiers invités : de la petite Citroën Ami à l’imposante Jeep Wrangler 4 × 4 hybride. En 2030, pas moins de 75 nouveaux modèles seront des véhicules 100 % électriques, soit 5 millions de voitures écoulées, représentant l’intégralité des ventes en Europe et la totalité des immatriculations des marques de luxe et haut de gamme du groupe (Maserati, Alfa Romeo, Lancia, DS).

Le changement de modèle est spectaculaire

Même sur le juteux marché nord-américain, où l’offre zéro émission ne devrait représenter « que » 50 % des ventes du groupe à l’issue du plan, là encore, une transformation majeure s’effectue. Elle est symbolisée par le lancement, en 2023, de la toute première Jeep 100 % électrique et la présentation d’une version à batterie du pick-up RAM, le best-seller outre-Atlantique.

Le changement de modèle est spectaculaire. Il est illustré par le basculement des revenus. Le chiffre d’affaires est aujourd’hui assuré à 81 % par les moteurs thermiques ou hybrides, à 3 % par les moteurs électriques et à 16 % par les services. Dans dix ans, la moitié des 300 milliards de revenus espérés devrait provenir de véhicules électriques, un quart des services (dont 7 % pour les seuls logiciels) et le dernier quart, des classiques moteurs à explosion, hybridés ou non.

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