Au sud de Lyon, dans la vallée de la chimie, les prix de l’énergie inquiètent

Une usine de chimie, près de Saint-Clair-du-Rhône, au sud de Lyon, le 19 janvier 2022. Une usine de chimie, près de Saint-Clair-du-Rhône, au sud de Lyon, le 19 janvier 2022.

Dans la vallée de la chimie, au sud de Lyon, les répercussions de la guerre en Ukraine se sont très vite fait sentir et suscitent l’inquiétude à moyen terme. Principalement sur un point : la hausse du coût des sources d’énergie, et notamment du gaz. « Le prix de l’énergie représente en moyenne de 30 % à 40 % du coût de fabrication de nos produits. Toute la vallée de la chimie est affectée par la hausse du prix du gaz. Nous avons vu [son tarif] doubler au cours des six premiers jours du conflit. Il avait déjà considérablement augmenté dans les mois précédents », analyse Jérôme Geneste, président de France Chimie Auvergne Rhône-Alpes.

L’industrie chimique est très consommatrice d’énergie pour obtenir chaleur et vapeur nécessaires à ses procédés de fabrication. Le gaz intervient, en outre, dans l’élaboration de plusieurs produits chimiques, comme l’ammoniac, les engrais, l’hydrogène. « La filière chimie représente 40 % des besoins en gaz de toute l’industrie française. Le grand sujet pour la chimie, c’est l’augmentation du prix du gaz. La hausse des tarifs touche surtout l’Europe. Les Etats-Unis disposent de leurs propres réserves, avec le développement du gaz de schiste. Ces différences de coûts risquent de conduire à des écarts de compétitivité significatifs », poursuit le représentant régional de la profession, qui dirige aussi le site du groupe pharmaceutique Seqens, leader mondial de la fabrication d’aspirine, à Roussillon (Isère).

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L’établissement de Seqens a été contraint de suspendre trois jours la production, car son coût de fabrication était plus élevé que son seuil de rentabilité, à cause de la hausse de l’énergie. Le groupe a les reins solides et ses contrats d’approvisionnement assurent un mix énergétique limitant les contrecoups immédiats. Mais la mesure exceptionnelle en dit long sur la tempête économique qui souffle dans la vallée de la chimie, où 50 000 emplois se répartissent entre les 500 entreprises installées sur 25 kilomètres de la vallée du Rhône, au sud de Lyon. Selon un observateur averti de l’économie lyonnaise, « les entreprises de la chimie traversent une forte turbulence, et la durée de la crise risque d’avoir des conséquences ».

« La compétitivité est en train de se jouer »

« Tout le monde est assez tétanisé par la visibilité très courte de la situation. La compétitivité de l’industrie chimique est en train de se jouer », confirme Jérôme Geneste. Après la crise liée au Covid-19, qui a engendré complications logistiques et difficultés d’approvisionnement de certaines matières premières, les industriels ont eu peu de répit. Ce qui a incité le préfet de région, Pascal Mailhos, à organiser une réunion avec les principaux représentants des entrepreneurs, des banques et des douanes, mercredi 9 mars au soir, afin de lister les difficultés rencontrées par les entreprises de la région lyonnaise. Objectif : remonter les informations au ministre de l’économie, pour adapter au mieux le plan de résilience prévu par le gouvernement.

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