Au concours de boucherie d’Agen, « les vaches sont parties difficilement »

Cela faisait quelques meuglements que Pierre Carles, le boucher de Saint-Vite et Alain Bosc, l’éleveur de Fals, avaient fait affaire quand Joël Labat a annoncé le palmarès du 15Concours régional de boucherie d’Agen qui s’est tenu ce mercredi 6 avril au marché aux bestiaux.

« Poignée de mains vaut contrat », a assuré le…

Cela faisait quelques meuglements que Pierre Carles, le boucher de Saint-Vite et Alain Bosc, l’éleveur de Fals, avaient fait affaire quand Joël Labat a annoncé le palmarès du 15Concours régional de boucherie d’Agen qui s’est tenu ce mercredi 6 avril au marché aux bestiaux.

« Poignée de mains vaut contrat », a assuré le premier, séduit par le rebondi de culotte, le dos, l’état d’engraissement et la finesse de cuir et d’os d’Isadora. La vache de 4 ans est attendue dans les prochaines semaines sur les étals de Coliviandes-Maison Carles, commerce de quatre employés ouvert en septembre dernier dans cette bourgade du Villeneuvois.

« La qualité a un prix », retient l’artisan-boucher après sa première visite au concours agenais. Vendeur et acquéreur sont ravis de cette transaction. « J’ai 20 ans de métier et après un passage dans la grande distribution, je me suis lancé pour ça : proposer de la qualité et aussi faire en sorte que tout le monde puisse avoir les moyens de manger de la viande. Je n’avais pas prévu d’achat, mais j’avais repéré deux vaches dont celle d’Alain. Isadora, c’est sa main. Mes bouchers vont être contents de travailler une bête d’exception comme ça. »

Entre 2,5 et 10 ans

Les jours de concours régional au marché aux bestiaux, en limousine, blonde d’Aquitaine, race viande ou croisée, l’exception est la règle. 25 apporteurs, éleveurs ou commerçants ont inscrit 135 vaches. Des bêtes entre 2,5 et 10 ans. « C’est beaucoup de travail, mais on a besoin d’événement comme celui-ci pour conforter les professionnels de la filière, même si avec des coûts de production orientés à la hausse, les éleveurs qui font de la qualité avec engraissement ne sont pas encouragés », juge Joël Labat, d’Elvea Périgord-Agenais. Le marché est meilleur concernant les vaches de réformes qui nourrissent les lignes des industriels de l’agroalimentaire.

« On a besoin d’événement comme celui-ci pour conforter les professionnels de la filière »

Les championnes ont été vendues aux enchères.

Les championnes ont été vendues aux enchères.

Loïc Déquier

« Les cours remontent quand même », relève Cindy Marchesan, technicienne bovin croissance à la Chambre d’agriculture, partenaire de la manifestation. « Si les aliments augmentent, il faut dire aussi que beaucoup en produisent sur leurs exploitations. À la Chambre, nous avons mis en place des prestations engraissement pour conseiller les professionnels sur l’alimentation des vaches. On fait aussi des pesées. »

Enchères

Alain Bosc, un des deux éleveurs lot-et-garonnais présents au rendez-vous, achète les compléments alimentaires pour son cheptel. La matière est trop délicate, selon lui, pour la soumettre à d’incertaines expériences. « Tous les produits augmentent mais pour les bouchers, ce n’est pas facile non plus. Le consommateur est regardant sur ce qui se passe à l’étal. »