Assises de la tranquillité à Biarritz : « Comment réconcilier les habitants et les touristes ? »

Avant cela, la matinée (entrée libre) sera consacrée…

Avant cela, la matinée (entrée libre) sera consacrée à l’intervention de divers experts. Parmi eux, Jean-François Rial. L’homme d’affaires, connu pour son franc-parler, est le PDG de Voyageurs du monde. Président de l’office de tourisme de Paris, organisateur des Assises du tourisme durable à Paris, il connaît bien le Pays basque. Il interviendra sur le sujet du « surtourisme » autour de la question : « Comment réconcilier les habitants et les touristes ? »

À partir de quand parle-t-on de surtourisme ?

On peut parler de surtourisme quand vous avez l’impression, visuelle d’abord, que vous n’êtes entouré que de touristes, que tout n’est fait que pour les touristes. Il n’y a rien de pire. Pour que ça fonctionne de manière apaisée il faut que le touriste puisse se comporter comme un habitant et que l’habitant puisse avoir la possibilité de se comporter en touriste dans sa ville.

Entre qualité de vie à l’année et intérêt économique, où placer le curseur pour que ce soit à la fois vivable au quotidien et viable financièrement ?

Comment y arriver ? Dans une zone du Pays basque où le tourisme est ultra-concentré il faut à tout prix élargir la saison et mieux répartir géographiquement les flux. Le Pays basque bénéficie d’une météo plutôt bonne toute l’année et c’est par ailleurs un endroit fabuleux, avec un arrière-pays magnifique. Il faut convaincre plus de gens d’aller vers la montagne, communiquer autrement. Par exemple, moi à l’office de tourisme de Paris, je ne fais aucune communication sur la Tour Eiffel ou le Louvre. Ce serait absurde. Arrêtez de communiquer sur le surf, l’Hôtel du Palais ou le Rocher de la Vierge. Les gens iront de toute façon !

« Il ne faut pas raisonner et définir une politique stratégique sur la base des deux derniers étés. Ce sont des années atypiques. Il faut prendre comme référence la période d’avant crise sanitaire. »

« Il ne faut pas raisonner et définir une politique stratégique sur la base des deux derniers étés. Ce sont des années atypiques. Il faut prendre comme référence la période d’avant crise sanitaire. »

Frédéric STUCIN

Je viens l’été mais surtout pas du 1er au 15 août ! Si je n’ai qu’un conseil à donner aux touristes : ne foutez pas les pieds à Biarritz à ces dates-là ! «

Il existe déjà des stratégies qui vont dans ce sens. Mais, on l’a vu lors des deux étés précédents, un sentiment de saturation prédomine. Comment y faire face ?

Soit on reste dans l’incantation en se contentant de dire « ce n’est pas bien », soit on opte pour des solutions plus radicales. Cela peut passer par une augmentation des prix des hébergements. On peut choisir par exemple de jouer sur les quotas de chambres d’hôtel, en les régulant par le PLU (NDLR Plan local d’urbanisme). Autre idée : cette route qui va d’Anglet à la frontière (NDLR la D 810), mettez un péage l’été gratuit pour les habitants et payant pour les touristes : vous verrez ça fluidifiera les déplacements et ça réconciliera tout le monde. Petite parenthèse : il ne faut pas raisonner et définir une politique stratégique sur la base des deux derniers étés. Ce sont des années atypiques. Il faut prendre comme référence la période d’avant crise sanitaire.

Comment devenir une destination durable ?

C’est compliqué, l’essentiel est dans les mains des privés. Être une destination durable ça passe d’abord par des transports verts. Il faut en premier lieu régler la question de l’avion : c’est 90 % des émissions de CO2 du tourisme. On peut les compenser en plantant des arbres. Ensuite, encore une fois, pour les collectivités les normes inscrites dans les PLU peuvent être des leviers. Il faut miser plus sur l’agriculture locale, les circuits courts. Une fois qu’on commence à vraiment s’engager dans la démarche, ça bénéficie à tout le monde visiteurs comme habitants.

Et vous-même, vous venez à Biarritz l’été ?

Je viens l’été mais surtout pas du 1er au 15 août ! Si je n’ai qu’un conseil à donner aux touristes : ne foutez pas les pieds à Biarritz à ces dates-là !

(1) Programme complet et inscriptions pour les ateliers de l’après-midi sur biarritz.fr