Ascain : Mikela Untsain, tenante d’une apiculture hyper locale, protectrice de l’abeille noire

Le miel de printemps réserve un surgissement d’arômes éclatants, tout en douceur. « Ezti Eztia » prévient l’étiquette du miel que fabrique cette fille d’agriculteurs, depuis 2002. « Cela veut dire douceur de miel ou tout en douceur. » La production de Mikela Untsain, par les ouvrières de ses 250 ruches, ne raconte pas seulement le doux, l’aimable. Elle est manifeste de la vie locale.

Le premier miel de printemps a été extrait, puis filtré mardi 14 juin

Le premier miel de printemps a été extrait, puis filtré mardi 14 juin

Emmanuelle Fère

« Ma tante maternelle avait quelques ruches. Je voulais exercer une activité basée sur la vie et qui soit vraiment en cohérence avec la nature qui m’entoure. » Après une fausse piste comme éducatrice, Mikela Untsain passe un Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA) et enchaîne les stages dans une ferme apicole à Ordiarp, chez un éleveur de reines à Argagnon, puis une mission de trois mois en Uruguay, afin de sauver, avec des reines importées, une colonie ravagée par la loque américaine.

« Plus petite empreinte possible »

Les cadres de la ruche sur lesquels sont bâtis les rayons de cire par les ouvrières. Dans le corps de la ruche, la reine pond et les abeilles emmagasinent miel et pollen

Les cadres de la ruche sur lesquels sont bâtis les rayons de cire par les ouvrières. Dans le corps de la ruche, la reine pond et les abeilles emmagasinent miel et pollen

Emmanuelle Fère

De retour dans son quartier, Mikela Untsain sait ce qu’elle veut. « Une petite ferme à taille humaine, travailler de manière locale, sans ambition internationale, en connaissant la flore, avec des abeilles d’ici, en vendant aux gens autour de moi du miel d’ici, de qualité » Une pratique modeste, dans les moyens. «  Un extracteur, un pick-up, une trentaine d’essaims et des ruches auront suffi au démarrage. « L’apiculture est une activité agricole accessible, elle permet d’avoir la plus petite empreinte possible sur la planète. »

La salle de formation où l’apicultrice askaindar transmet à son tour la connaissance

La salle de formation où l’apicultrice askaindar transmet à son tour la connaissance

Emmanuelle Fère

La démarche locale de l’Azkaindar n’aurait pas été complète sans l’abeille noire, « Apis mellifera mellifera », que Mikela Untsain commence à élever en 2014. « Dès le début, je voulais travailler avec des abeilles noires, mais à l’époque, il n’y avait pas de réseau d’apiculteurs organisé autour de la race, c’est un métier un peu à part. L’abeille noire est présente des Pyrénées jusqu’à la Belgique, mais elle s’était quasiment perdue. » De nombreux apiculteurs travaillent avec des races hybrides, pour leur productivité et leur douceur, explique-t-elle. « Avec l’abeille noire, on élève les meilleures reines pour que les filles prennent la suite l’année d’après. »

Une partie des ruches est installée sur les terres familiales du quartier Dorrea à Ascain

Une partie des ruches est installée sur les terres familiales du quartier Dorrea à Ascain

Emmanuelle Fère

Abeilles noires adaptées au milieu

Mikela Untsain fait partie de l’association Erbel qui depuis Zaldibia, en Guipuscoa, réunit des apiculteurs pour l’amélioration génétique de l’abeille noire locale. Son ADN est étudié par un centre spécialisé de Bilbao. « Notre objectif est d’agir pour que les caractéristiques de la race (agressivité, résistance aux maladies…) soient recherchées par les apiculteurs afin d’augmenter la marge de survie de la race et de lutter contre la tendance à l’introduction de races étrangères » défend l’association. « J’ai choisi de travailler avec ces abeilles car depuis des millions d’années, elles sont parfaitement adaptées au milieu, c’est la base. »

Mikela Untsain produit du miel, de la gelée royale, de la propolis, et des savons

Mikela Untsain produit du miel, de la gelée royale, de la propolis, et des savons

Emmanuelle Fère