Argent : qui sont les « riches » ? Où se trouvent-ils ?

On note d’abord de grandes disparités entre riches. L’Observatoire a fixé un seuil d’entrée dans la richesse à 3 673 euros de revenus mensuels par personne après impôts, soit le double du niveau de vie médian. Une méthode utilisée par les Allemands depuis vingt ans. Mais il existe des différences notables au-delà de ce seuil. « On peut repérer des super riches et des hyper riches, précise Anne Brunner, directrice d’études. Quand on gagne 7 200 euros par mois, on appartient au 1 % les plus riches de la population. Les 0,01 % les plus riches gagnent plus de 55 000 euros par mois. Cela concerne très peu de personnes en France. »

Portrait-robot 

Un « cadre supérieur, quinquagénaire ou sexagénaire, plutôt en couple, sans enfant, et propriétaire » de son logement. C’est le portrait-robot du riche qui se dégage du rapport. On peut préciser aussi qu’il s’agit le plus souvent d’un homme. On retrouve beaucoup de dirigeants salariés du secteur privé dans ce tableau, mais aussi quelques hauts fonctionnaires et beaucoup de professions libérales. Les indépendants, comme les médecins, les avocats, les juristes ou les comptables par exemple, représentent 40 % des Français les mieux payés, alors qu’ils ne comptent que pour 7 % de la population.

Le riche est plutôt un « cadre supérieur, quinquagénaire ou sexagénaire, plutôt en couple, sans enfant, et propriétaire » de son logement

Autre enseignement, la part des revenus du travail reste importante dans l’origine de la fortune des plus riches. Mais les auteurs notent tout de même que « plus on avance dans la richesse, plus on dispose de revenus du capital ». Ces ressources peuvent provenir de la location d’appartements, de la propriété d’entreprises ou de placements financiers. Cette frange d’ultra-riches ressort grande gagnante de la crise sanitaire puisque le patrimoine professionnel des 500 plus grosses fortunes a été multiplié par quatre.

Disparités Paris-province

Le quartier Caudéran à Bordeaux.

Le quartier Caudéran à Bordeaux.

Stéphane Lartigue/SUD OUEST

Les riches aiment vivre entre eux. C’est une constante que le rapport de l’Observatoire des inégalités met également en lumière. Sur une carte de France, les hauts revenus se concentrent principalement dans la capitale et en Île-de-France, là où se trouvent les lieux de pouvoir et de décision.

Si on affine, on peut même les situer précisément dans l’Ouest parisien et à Neuilly-sur-Seine. La banlieue huppée truste toutes les premières places du classement. « On retrouve le même phénomène à l’œuvre dans les grandes villes comme Bordeaux, précise Anne Brunner. Il y a en général, un quartier de centre-ville dans lequel on va repérer les très riches (Caudéran-Primerose à Bordeaux, NDLR). Il y a aussi l’équivalent de ce quartier à l’extérieur de la ville, une commune qui a une population beaucoup plus petite avec un très fort entre-soi des plus aisés, un peu comme Neuilly (Le Bouscat ou Bouliac en Gironde). L’habitat y est souvent un peu différent, avec des logements plus vastes, des villas avec jardins plutôt que des grands appartements. »

L’île de Ré comme Biarritz est plébiscitée par les retraités les plus aisés.

L’île de Ré comme Biarritz est plébiscitée par les retraités les plus aisés.

Archives Pasca

Enfin, les riches de province présentent des profils un peu différents de ceux de la région parisienne. Ce sont souvent des entrepreneurs plus que hauts cadres ou des dirigeants de grandes entreprises, mais parfois aussi des viticulteurs ou des retraités qui choisissent de vivre près du littoral, à Biarritz ou sur l’île de Ré, par exemple.