Arcangues : un projet immobilier contesté en cœur de bourg

« Il m’avait dit qu’il y aurait six petits bâtiments qui ne devaient pas occulter la vue des riverains ou perturber l’environnement. »

Jean-Marie Lemerle avait bien été informé, il y a quelques années, par Arnaud d’Arcangues, le directeur du golf et propriétaire des parcelles, d’un projet immobilier. « Il m’avait dit qu’il y aurait six petits bâtiments qui ne devaient pas occulter la vue des riverains ou perturber l’environnement. » Le permis accordé montrait une opération d’une toute autre ampleur.

Considérant qu’il s’agissait, dans ce cas, d’un véritable « bétonnage », particulièrement regrettable dans un village renommé pour son charme, Jean-Marie Lemerle a distribué plus d’un millier de tracts et, fort d’une centaine de réponses d’Arcanguais hostiles au projet, a constitué l’association Protection Arcangues (protection.arcangues@yahoo.com).

Les derniers terrains constructibles autour du golf.

Les derniers terrains constructibles autour du golf.

Bertrand Lapègue/SUD OUEST

Des rencontres avec un représentant du promoteur, la Sobrim, ont eu lieu ainsi qu’un dépôt de recours gracieux contre le permis de construire. En fin de compte, la Sobrim a retiré sa demande de permis, suivi par un arrêté municipal officialisant cela

Des rencontres avec un représentant du promoteur, la Sobrim, ont eu lieu ainsi qu’un dépôt de recours gracieux contre le permis de construire. En fin de compte, la Sobrim a retiré sa demande de permis, suivi par un arrêté municipal officialisant cela le 8 mars dernier. L’association, les riverains, les propriétaires du terrain et le promoteur ont prévu de se réunir fin avril pour étudier, en « comité de pilotage », un projet mieux intégré et plus raisonnable.

En suspend depuis trente ans

Le propriétaire des terrains en question, Arnaud d’Arcangues, tient à rappeler que ce dernier permis n’est pas le premier. Plusieurs autres dossiers ont été déposés pour la construction d’une résidence hôtelière. « En fait, l’aménagement s’inscrit dans trois décennies de remodelage du bourg. Le golf a été construit et pensé avec toute l’urbanisation qui va autour, depuis le centre historique du village. À partir de là, on a développé des équipements privés et publics sur 70 hectares. » Cela a permis de bâtir tout au long de la ligne de crête du logement touristique et permanent. La résidence hôtelière était prévue dès l’origine mais, après plusieurs tentatives, elle ne s’était toujours pas concrétisée.

« Finalement, nous avons changé le projet avec des logements privés et sociaux, dessiné par l’architecte Pierre Couteau et le promoteur Sobrim. Il y a une vision qualitative : on n’a même pas utilisé tous les droits à construire, justement pour ne pas bétonner, pour intégrer ces nouvelles constructions à celles érigées depuis 30 ans », explique Arnaud d’Arcangues. Point important, la mixité a été prévue de manière à ne pas parquer d’un côté les logements sociaux et de l’autre le privé. « Cinq des six bâtiments ne comprennent qu’un étage. » Arnaud d’Arcangues reste positif : « La concertation est un exercice difficile, mais personne ne semble fermé au dialogue. » Il ne désespère pas d’obtenir un consensus autour d’un projet remanié « mais nous ne savons pas combien de temps cela prendra ».