Agroalimentaire : la laiterie Péchalou brasse du local, du vert et de la résilience

Thomas Breuzet, PDG de Péchalou, a fondé l’activité de sa laiterie sur un ancrage solide dans le territoire.

Thomas Breuzet, PDG de Péchalou, a fondé l’activité de sa laiterie sur un ancrage solide dans le territoire.

Philippe Greiller/”SUD OUEST”

1 Un savoir-faire artisanal préservé

Nous avons à cœur de fabriquer et de faire découvrir des produits gourmands, simples et bons, avec le moins de transformations possible 

« Depuis notre création, nous avons à cœur de fabriquer et de faire découvrir des produits gourmands, simples et bons, avec le moins de transformations possible », souligne Thomas Breuzet qui a fait ses armes dans l’agroalimentaire… bio. Trois lettres qui lui collent à la peau. Le chef d’entreprise et son équipe ont donc mis le cap sur cette spécificité. En 2015, la marque Laiterie du Périgord a vu le jour. « Une marque destinée spécifiquement aux magasins bio. En cinq ans, ce marché a plus que doublé pour nous, tandis que parallèlement, nous élargissions notre gamme de produits Péchalou pour la GMS, nous développions des produits pour des marques de distributeurs bio (Biocoop, Naturalia et la Vie Claire) et nous faisions notre entrée dans la restauration collective. » Aujourd’hui le lait bio représente 80 % de son approvisionnement et le bio 75 % de son chiffre d’affaires (contre 17 % en 2014). Près de 200 000 yaourts et crèmes desserts sortent chaque semaine des ateliers de la laiterie.

Deux camions Péchalou écument une dizaine de marchés de plein air.

Deux camions Péchalou écument une dizaine de marchés de plein air.

Philippe Greiller/”SUD OUEST »

2 Les deux pieds ancrés dans le territoire

Depuis quatre ans, Péchalou a investi, avec deux petits camions fromagers, les marchés de son territoire. Et la boutique sur le site de la laiterie à Saint-Cyprien devrait ouvrir ses portes à l’été. Une manière de jouer la carte du circuit court et de la proximité. Mais déjà cette dernière est son credo. Elle se fournit auprès de sept fermes installées dans un rayon de soixante kilomètres. Et elle est partie prenante du projet alimentaire de territoire du Pays Bergeracois, qui ambitionne de transformer l’ancien site de l’Escat de Bergerac en Pôle alimentaire.

C’est sur ce même site de l’Escat que Péchalou entend porter un projet de laiterie de proximité pour les sept fermes qui l’approvisionnent en lait. « Une laiterie dans un conteneur, pensée et conçue avec Agrotech, qui permettra à ces producteurs d’avoir leur propre production de yaourts à vendre à la ferme. Un technicien de chez nous les assistera pour le fonctionnement et l’investissement est à la charge de Péchalou. Nous facturerons les yaourts à prix coûtant. Une manière pour les éleveurs d’améliorer leurs revenus, de rendre leurs exploitations résilientes et pour Péchalou de tabler sur une pérennisation de leur activité », explique Thomas Breuzet qui a relevé le prix d’achat du litre de lait et a rajouté un bonus pour les entreprises en cours de transmission et celles qui investissent. La prochaine étape ? Créer un groupement avec ces producteurs et aller vers un label commerce équitable qui permettra au consommateur de prendre la mesure de la démarche.

L’entrepreneur a également dans l’idée de faire de cette laiterie pas comme les autres, « un outil de démonstration pour des établissements d’enseignement, afin d’’apprendre à produire des yaourts de manière artisanale. J’ai présenté le projet global aux élus de la communauté de communes et nous avons bénéficié, dans le cadre de France Relance, d’un financement à hauteur de 40 %. »

La laiterie produit des yaourts et crème dessert en marque propre mais aussi pour des marques de distributeurs bio.

La laiterie produit des yaourts et crème dessert en marque propre mais aussi pour des marques de distributeurs bio.

Philippe Greiller/”SUD OUEST »

3 Préserver l’environnement

Si Thomas Breuzet est accroché au bio, il l’est également à l’écologie ou du moins à l’écoconception et au recyclage. Il a agrandi la laiterie originelle par une construction bois avec couverture végétalisée et récupération de la chaleur. « 100 % de l’électricité consommée est verte, issue de l’hydroélectricité et nous envisageons l’installation de panneaux photovoltaïque et le remplacement de la chaudière au gaz par une chaudière à granulés de bois, à partir de déchets de châtaigniers locaux ». Les pots des yaourts sont en plastique recyclable et les emballages en carton recyclé.