Agriculture : comment les Pyrénées-Atlantiques font face au défi de la relève

Sylvain Bordenave, président des Jeunes agriculteurs du 64.

Sylvain Bordenave, président des Jeunes agriculteurs du 64.

Archives JA 64

Mais cette dynamique ne parvient pas à compenser le phénomène de la baisse des exploitations dans le département qui en a perdu plus de 2000 en 10 ans. « Avec la crise actuelle, on ignore si ce chiffre se maintiendra l’année prochaine et il n’est pas suffisant pour enrayer la chute », observe le président des Jeunes agriculteurs du 64 Syvlain Bordenave. « Il faudrait installer 350 – 400 jeunes par an et pour ça, il faut trouver des solutions. »

Réforme des aides

L’un des moyens est la politique d’accompagnement, via la Politique agricole commune, dont la Dotation des jeunes agriculteurs apporte une aide financière aux agriculteurs en moyenne de 37 000 euros. « On sait que la réforme de la dotation, qui doit entrer en vigueur en 2023, va encourager les jeunes à s’installer », explique le président des JA. « Chaque région va s’adapter aux spécificités de l’agriculture régionale. Nous, on s’est battu pour conserver les dotations en fonction des zonages car il y a un véritable enjeu en montagne. »

La rémunération des agriculteurs en herbe est aussi un levier important pour relever le défi. « Il va falloir redonner au métier ses lettres de noblesse en contractualisant et en couvrant les charges de production. C’est tout l’enjeu de la loi Egalim II : vendre au vrai prix », poursuit Sylvain Bordenave. La loi Egalim II, adoptée en octobre 2021, propose des dispositifs de régulation et de transparence pour une meilleure rémunération des agriculteurs.

Le foncier

L’accès au foncier constitue l’un des enjeux majeurs de l’installation. La Ceinture Verte, qui propose des parcelles équipées pour une installation en maraîchage bio, s’était frottée à un conflit dans l’attribution des terres agricoles à Sus et avait finalement obtenu gain de cause. Cette polémique avait apporté une belle publicité à la démarche de la coopérative. « Nous avons reçu des appels spontanés pour soutenir notre projet de propriétaires fonciers ou d’agriculteurs prêts à vendre leur terre », raconte Laure Astegno, chargée des relations avec les porteurs de projet.