Agglomération de Rochefort : et si on recyclait les déchets des matériaux composites ?

L’Agglomération a organisé une rencontre entre industriels et chercheurs autour du recyclage des composites, ici sur le stand de Canoe, centre technologique Nouvelle-Aquitaine composites et matériaux avancés.

L’Agglomération a organisé une rencontre entre industriels et chercheurs autour du recyclage des composites, ici sur le stand de Canoe, centre technologique Nouvelle-Aquitaine composites et matériaux avancés.

Kharinne Charov

Hélas, les dizaines de milliers de tonnes de déchets composites produites chaque année sont vouées à l’enfouissement ou à l’incinération. Comme des déchets industriels banals.

Innovation

Pour arrêter le gâchis, la Communauté d’agglomération Rochefort Océan souhaite créer une filière innovante de valorisation de ces déchets composites. Elle a même inscrit cet objectif dans son contrat de relance de transition écologique basé sur l’économie circulaire. Et a fait faire une étude en 2021.

Pour entrer dans le concret, lundi 23 mai, elle réunissait, avec l’ADI Nouvelle-Aquitaine, l’Atlantic cluster et ACD Nouvelle-Aquitaine, 140 industriels et chercheurs autour du recyclage des composites. Car il s’agit de faire évoluer les procédés de fabrication en intégrant les matières premières recyclées issues des composites.

Même si les lois rendent le producteur responsable de son déchet et privilégient la prévention du déchet, son recyclage et sa valorisation plutôt que son élimination, il n’existe pas de réglementation spécifique aux déchets composites. Et les seules techniques de valorisation se limitent au broyage ou au ré-usage en cimenterie. Tout est à inventer.

Gisements

Certains s’y emploient déjà localement comme Rescoll et Circul’Air. Plus récemment, Arc Environnement, Werzalit et GDS Composites s’efforcent de recycler des déchets composites verre-polyester en les intégrant à des plateaux de table, en lieu et place du bois.

L’entreprise rochefortaise Werzalit, dont le projet en est au stade préindustriel, présentait des prototypes de plateaux de tables fabriqués avec des déchets composites et non plus du bois.

L’entreprise rochefortaise Werzalit, dont le projet en est au stade préindustriel, présentait des prototypes de plateaux de tables fabriqués avec des déchets composites et non plus du bois.

Kharinne Charov

En 2028, les éléments en fin de vie des éoliennes du coin pèseront 1 000 tonnes de déchets

Plusieurs gisements ont été identifiés localement : les éléments d’éoliennes seront une mine quand ils seront en fin de vie, on parle d’un pic à 1 000 tonnes en 2028 ; le nautisme pèserait au moins 1 500 tonnes par an ; et, dans une moindre mesure, il y a aussi le ferroviaire, l’aéronautique et l’hôtellerie.

Pour consolider cette filière, il faudra aussi se soucier de la collecte de ces déchets, de leur traitement (broyage, tamisage, procédés thermiques ou chimiques) et de leur réutilisation en imaginant qu’une pâle d’éolienne d’aujourd’hui sera peut-être un mobilier urbain de demain.

(1) En 2020, la région comptait 300 entreprises et 14 000 salariés dans la plasturgie et les composites.