Agglo de La Rochelle : réemploi des objets et retour à l’emploi vont de pair

Sur le plan de l’emploi social, tout autant qu’environnemental d’ailleurs. La recyclerie est en effet un chantier d’insertion pour « les personnes les plus éloignées de l’emploi ». Ceux qui, malgré un chômage au plus bas (environ 7 %) et de gros besoins en recrutement exprimés par les entreprises, ne (re)travaillent pas. Il s’agit de demandeurs d’emploi de longue durée de plus de 50 ans, bénéficiaires des minima sociaux, jeunes décrocheurs sans diplômes ni formation… Avec parfois des difficultés en termes de mobilité, de logement, d’accès aux soins, de méconnaissance des codes du monde de l’entreprise.

On travaille beaucoup avec eux sur la confiance en soi, la valorisation des compétences

Tous ont besoin d’un accompagnement social individualisé pour gagner en employabilité et retrouver le marché du travail. En un an d’activité, l’équipe permanente de la Belle affaire (cinq salariés dont des travailleurs sociaux) en a reçu et pris en charge 25 en contrat à durée déterminée d’insertion à temps partiel (80 %). Un contrat de deux ans, maximum. « On travaille beaucoup avec eux sur la confiance en soi, la valorisation des compétences », explique Jean-Luc Convers, le directeur. En lien avec le Plan local d’insertion par l’économie (PLIE) et différents acteurs locaux de l’emploi et du social. Avec des résultats. Huit premières personnes ont déjà quitté la structure. Deux sont retournées à Pôle emploi, mais les six autres ont trouvé un travail durable ou une formation qualifiante.

Michel, senior, reprend pied avec le monde du travail et s’oriente vers la logistique et le métier de cariste.

Michel, senior, reprend pied avec le monde du travail et s’oriente vers la logistique et le métier de cariste.

Alain Babaud

Un « ancien geek » qui s’était laissé absorber par les jeux vidéo, mais formé à la logistique, a ainsi pris le temps de renouer avec le rythme de l’entreprise avant d’être recruté par une librairie locale. Un senior sans emploi qui a longtemps travaillé à Disneyland Paris, quant à lui, partira dans quelques jours se former au métier de peintre en bâtiment. Une activité découverte à la recyclerie où l’on peut approcher les métiers manuels tels que la menuiserie, mais également la logistique, la vente, le conseil à la clientèle… L’offre locale, en matière de chantier d’insertion, était loin d’être inexistante. Mais « il manquait un outil généraliste comme celui-là ».

Hors les murs en 2023

Le chantier d’insertion comptait huit places en équivalent plein-temps au départ. Il a fallu monter rapidement à 14 (pour 17 personnes sous contrat d’insertion aujourd’hui). Et la Belle affaire – financée par l’Agglo de La Rochelle, le Conseil départemental, la Région et l’État mais qui a également réalisé 300 000 euros de chiffres d’affaires en boutique sur un an – ne manque pas de projets qui ouvriront d’autres horizons.

Des postes de chauffeur et chauffeur-livreur, notamment, vont s’ouvrir. En 2023, la recyclerie doit en effet développer une activité « hors les murs » avec des camions qui amèneront la boutique, voire ses ateliers de réparation ou bricolage ouverts au public, dans les communes de l’agglomération et les quartiers populaires. Au rythme d’« une fois par an pour les communes et une fois par mois pour les quartiers », souhaite Alain Drapeau. Le moyen d’aller au contact d’une population qui ne vient pas à Aytré mais qui doit prendre sa part de l’ambition locale de réduction des déchets de 15 % à l’échéance 2025. Le réemploi des objets recyclés fait partie des solutions pour moins remplir les poubelles.

La Belle affaire s’est également rapprochée du Comité local pour le logement autonome des jeunes pour proposer des « kits d’installation » (vaisselle, mobilier, frigo…) aux jeunes qui veulent équiper leur logement à moindres frais.