Achats de pesticides, une timide amorce de baisse en 2020

Il faudra toutefois attendre la publication des chiffres 2021 pour confirmer cette tendance baissière, les acheteurs ayant réalisé des stocks importants en 2018 en prévision de la hausse de la redevance pour pollution diffuse intervenue au 1er janvier 2019. Ces achats anticipés ont induit une forte baisse des achats en 2019, visible sur le graphique ci-dessous.

12 % d’achats de substances à la dangerosité avérée

Parmi l’ensemble des pesticides en vente, les substances classées CMR ont des effets cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction des personnes ou organismes vivants qui y sont exposés. L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) rappelle que la suppression ou la substitution de ces substances s’impose, « chaque fois qu’elle est techniquement possible ». En 2020, les CMR ont pesé plus de 8 000 tonnes des substances achetées en France, une valeur stable comparée à 2019.

Le glyphosate, toujours incontournable

Le gouvernement a pour objectif de diminuer de moitié l’usage du glyphosate. Mais sa large palette d’action sur les plantes, son faible coût et sa facilité d’utilisation l’ont rendu incontournable pour les agriculteurs conventionnels qui ne disposent pas d’alternative aussi efficace et rentable. Les volumes d’achats sur la période 2015-2020 ne montrent aucune tendance baissière de ce désherbant, malgré ses risques pour la santé et l’environnement.

Vignes et cultures permanentes sont consommatrices de pesticides

La part des achats de pesticides rapportée à l’hectare de surface agricole utilisée est plus importante dans les départements où les cultures permanentes sont développées, et plus faible dans les zones d’élevage. Les territoires où la viticulture est forte (Gironde et Vaucluse en tête) achètent environ 10 kilos de pesticides par an et par hectare, dont 0,9 kg de glyphosate. La moyenne française est de 2,2 kg par hectare, dont 0,3 kg de glyphosate.

Les 5 départements en tête des volumes d’achat de pesticides en 2020 sont la Gironde (3 549 tonnes, +10 % en comparaison de la moyenne annuelle 2015-2019), la Marne (2 584 tonnes, -3 %), la Somme (2 070 tonnes, +4 %), la Charente-Maritime (1 845 tonnes, +6 %) et l’Hérault (1 824 tonnes, -4 %). Rapporté à la Surface agricole utile de chaque département, le Vaucluse se hisse au niveau de la Gironde (13,18 kg d’achats par hectare contre 13,16), devant le Var (10,5 kg/ha) et l’Hérault (9,6 kg/ha).

Dans les départements de la zone de diffusion du journal Sud Ouest, les achats en 2020 ont surtout augmenté en Gironde et en Charente-Maritime, avec une baisse marquée dans le département des Landes (-22 % par hectare)

Les principales substances achetées (en tonnage) dans le sud-ouest sont le soufre (48 % des achats en Gironde où les viticulteurs bio sont aussi autorisés à l’utiliser ; 31 % en Dordogne ; 19 % en Lot-et-Garonne), le glyphosate (19 % des achats en Charente-Maritime, en forte hausse ces dernières années ; 18 % en Charente) et le S-métolachlore, particulièrement utilisé dans les cultures de maïs (23 % des achats dans les Landes ; 19 % dans les Pyrénées-Atlantiques).