Accueil des SDF à Biarritz : « En apprenant à se connaître, on lève beaucoup d’incompréhensions »

Avec une équipe de 35 bénévoles, il œuvre à tenir la boutique, chapeautée par les travailleurs sociaux d’Atherbea,…

Avec une équipe de 35 bénévoles, il œuvre à tenir la boutique, chapeautée par les travailleurs sociaux d’Atherbea, à mettre en place des animations et moments conviviaux pour ceux qui sont privés de tout.

À 68 ans, l’ingénieur d’origine hollandaise, consultant à l’international dans l’utilisation des images de satellites pour l’agriculture, souhaitait lever le pied professionnellement et profiter du temps gagné pour élargir ses horizons. « L’idée de faire quelque chose pour des gens en grande précarité me plaisait. Combattre leur isolement, mieux les comprendre, eux et leur parcours, m’intéressait. Des personnes sans abri, on en voit, mais il y a aussi toute une part de cette grande précarité qui reste invisible. En devenant bénévole, j’ai pris conscience du volume bien plus important que ça représentait. »

« Rien à voir avec un choix »

Chaque jour, une trentaine de bénéficiaires pousse la grille de la villa Maria-Pia, où est implanté Zuekin. Les habitués se mêlent aux démunis de passage. « L’année dernière, détaille Daan Van Setten, on a vu passer 350 personnes différentes. » Ici, ils viennent prendre une collation, se doucher, laver leur linge, bénéficient d’un suivi social, papotent autour d’un café, socialisent lors d’une partie de ping-pong ou des diverses animations et projets proposés (jardinage, cuisine, thalasso, sorties culturelles, surf, etc.).

« J’ai mesuré à quel point ce lieu, Zuekin, se devait d’exister, combien il était fondamental face à l’isolement »

Il pénètre dans ce nouvel univers empli de questions. « J’ai découvert ces gens, j’ai beaucoup appris et j’apprends beaucoup en les côtoyant. J’aime bien venir ici pour discuter. » Ce qu’il a mieux compris, entre autres : « par quels mécanismes on se retrouve dans une telle situation. Être à la rue et ne pas parvenir à s’en sortir, n’a rien à voir avec un choix. Non, contrairement à ce qu’on peut parfois entendre, personne ne choisit ça. C’est un préjugé contre lequel il faut lutter. »

Précarité de foyers instables dès l’enfance, perte d’emploi, séparation, isolement, problèmes psychologiques ou psychiatriques, conduites addictives : si chaque histoire est unique, plusieurs ingrédients de ce cocktail se retrouvent dans ces parcours qui amènent à survivre plus qu’à vivre, éloignent des codes de la vie en société.

« J’ai mesuré à quel point ce lieu, Zuekin, se devait d’exister, combien il était fondamental face à l’isolement » , dit Daan Van Setten. Et combien « il est important pour son avenir de maintenir la paix, de travailler sur notre intégration dans le quartier ».

Elle ne coule pas de source, bénévoles comme travailleurs sociaux le savent bien. « Dialoguer, c’est la clé contre la peur. On peut être mal à l’aise quand on croise ces personnes dans les rues. On ne sait pas toujours comment réagir. Il peut y avoir une appréhension. Je ne faisais pas exception. Je peux le comprendre. »

Ils viennent prendre une collation, se doucher, laver leur linge, bénéficient d’un suivi social, papotent autour d’un café, socialisent lors d’une partie de ping-pong ou de diverses animations.

Ils viennent prendre une collation, se doucher, laver leur linge, bénéficient d’un suivi social, papotent autour d’un café, socialisent lors d’une partie de ping-pong ou de diverses animations.

R. G.

Main tendue

Une confession en forme de main tendue vers les riverains des locaux de l’allée du Chanoine-Manterola. Une partie d’entre eux a peu goûté l’arrivée de la structure dans le quartier à l’été 2019 après une décennie passée avenue de la République. Après un déménagement temporaire à Notary au plus fort de la crise sanitaire, les plaintes, inquiétudes voire parfois une franche hostilité ont commencé à s’exprimer au retour des bénéficiaires dans le quartier Saint-Martin.

Avec les éducateurs d’Atherbea, un important travail de médiation est fait. Le cahier de doléances reste ouvert : réunions régulières avec les riverains, écoute, recherche de solutions aux problèmes de cohabitation soulevés. En retour, l’équipe de l’accueil de jour martèle la nécessité d’une telle structure, explique son travail, les besoins.