A Nice, le manque de saisonniers dans l’hôtellerie-restauration met le secteur sous tension

Une annonce pour la recherche de personnel de restauration au Moka Kfé, sur la place Masséna, à Nice, le 31 mai 2022. Une annonce pour la recherche de personnel de restauration au Moka Kfé, sur la place Masséna, à Nice, le 31 mai 2022.

Sur la Côte d’Azur, à quelques jours du début de la saison estivale, le soleil est d’ores et déjà au rendez-vous, tout comme les touristes nationaux et internationaux. Les employés saisonniers, eux, se font plus rares.

Un peu partout dans Nice (Alpes-Maritimes) fleurissent des panneaux et autres affichettes sur les devantures des restaurants : « Recherche serveuse et barman. Déposez votre CV ». Du café de la place Masséna au plus célèbre des fast-foods, avenue Jean-Médecin, en passant par les restaurants de la promenade des Anglais, nombreux sont les établissements qui ne parviennent pas à compléter leurs équipes.

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« La “coupure” est devenue un gros mot »

Ce besoin de main-d’œuvre oblige les professionnels du secteur à améliorer les conditions de travail pour attirer du personnel, sous peine de voir leur établissement fermer partiellement ou refuser des clients faute de bras.

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C’est le cas de Tom Wander, gérant du Bistrot gourmand, restaurant situé près de la place Masséna et ouvert toute l’année. « Les profils avec de l’expérience sont durs à trouver et à garder », reconnaît le jeune homme de 29 ans, à la tête de l’établissement depuis un an et demi. « On a donc changé de stratégie, notamment sur les horaires. C’est la première question qu’on me pose avant même de parler du salaire. Les gens sont à la recherche de temps parfois plus que d’argent. Le système de “coupure” [la pause de plusieurs heures entre les services du midi et du soir], il faut oublier. C’est devenu un gros mot. » Terminés, donc, les services en deux temps. Les employés en salle travaillent désormais de 10 heures à 17 heures ou de 17 heures à la fermeture du restaurant, entre 23 heures et minuit.

Tom Wander, 29 ans, gérant du Bistrot gourmand, à Nice, le 31 mai 2022. Tom Wander, 29 ans, gérant du Bistrot gourmand, à Nice, le 31 mai 2022.

Une nouvelle accueillie avec enthousiasme par Sylvain Fragneau, l’assistant maître d’hôtel de l’établissement. Comme plusieurs de ses proches, ce père de famille de 29 ans a songé, durant les confinements successifs, à quitter le milieu qu’il a intégré quatorze ans plus tôt. « Je me suis beaucoup questionné. Bon nombre de mes amis, en cuisine ou dans l’hôtellerie, sont partis pour avoir une vie sociale plus épanouie. » C’est bien le changement d’organisation au sein du restaurant, décidé après concertation avec son patron, qui l’a convaincu de rester.

« Le Covid a changé notre façon de vivre », abonde Sophian Dallée, chargé du recrutement à la plage privée la Baieta, promenade des Anglais. « Les doléances ne sont plus les mêmes qu’il y a quelques années. Aujourd’hui, ils veulent tous “faire des longues”, comme on dit ! Je comprends que le personnel qui vit les coupures à longueur de temps en a marre. »

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