À Bordeaux, créer un vélo en bambou soi-même en quatre jours, c’est possible

Pourquoi cette matière ? « Un tube creux, léger et résistant. C’est parfait pour remplacer les matières utilisées habituellement », assure-t-il. « Même dans les vélos classiques, on commence à utiliser des fibres naturelles. »

Idée importée d’Allemagne

Une idée venue d’Allemagne : « Un jour, un ami allemand s’est installé à Bordeaux. Il avait ramené son vélo en bambou. Je voulais le même », explique-t-il. Ni une, ni deux, l’ex-designer produit pour Dior, LVMH ou encore Tag Heuer a commencé à faire son propre vélo dans son canapé.

« Je fais aussi le service après-vente », explique Gaël Enaud en ajustant le vélo d’un client.

« Je fais aussi le service après-vente », explique Gaël Enaud en ajustant le vélo d’un client.

Pierre Bourgès

« Des vendeurs de vélos en bambou, ça existe déjà, mais je ne trouvais personne qui proposait aux gens de créer directement le leur », raconte Gaël. Après quelques essais pendant le confinement, le patron a entrepris des stages en février 2021. « La construction d’un vélo comme ceux-ci ne demande pas forcément de grandes compétences en mécanique ou en bricolage. Les finitions seront plus ou moins imparfaites mais c’est ce qui fait le charme du vélo, et je suis toujours là pour rattraper si besoin », rassure-t-il.

Au moins 855 euros le stage

Un projet d’accompagnement qui a un coût. Proposé à 855 euros, sans compter l’achat de certaines pièces mécaniques, ce stage est réalisable une fois par mois sur quatre jours pour deux personnes : « Je pensais attirer des personnes passionnées de vélo, mais en réalité je reçois beaucoup d’écologistes à la recherche d’originalité et d’une activité manuelle », affirme-t-il.

« La construction d’un vélo comme ceux-ci ne demande pas forcément de grandes compétences en mécanique ou en bricolage »

Vélo de course, urbain ou pour le cyclotourisme, la construction s’adapte aux besoins du client. « Un jour, un client voulait un vélo typé performances, donc léger. Alors on s’est arrangé pour limiter les accessoires et faire baisser le poids du cadre jusqu’à 1,5 kg », explique-t-il. Gaël développe également des vélos clés en main entre 1 400 et 3 000 euros. « Nous cherchons à optimiser les coûts pour rendre le vélo accessible au plus grand nombre. »

Vélo atypique

Rouler avec un vélo en bambou attise la curiosité des passants. Mais au-delà de l’aspect étonnant, « on retrouve un très bon équilibre entre rigidité et souplesse pour absorber toutes les micros vibrations. C’est idéal pour Bordeaux, qui est faite pour le vélo », assure Gaël.

Gaël et son alternant, Romain, travaillent au sein de l’atelier de Boudebois.

Gaël et son alternant, Romain, travaillent au sein de l’atelier de Boudebois.

Alissa Uhlmann