A 36 500 euros par an, les salaires des jeunes diplômés des grandes écoles repartent à la hausse

CentraleSupelec, en 2017. CentraleSupelec, en 2017.

Après le « trou d’air » de l’année 2021, le marché de l’emploi sourit de nouveau aux jeunes diplômés des grandes écoles. « Tous les secteurs sont en recherche : l’industrie, la banque, l’assurance, le conseil… Il y a en ce moment de gros besoins de recrutement », se réjouit Laurent Champaney, président de la Conférence des grandes écoles et directeur de l’Ecole nationale supérieure des arts et métiers.

L’enquête portant sur les élèves sortis en 2021, publiée mercredi 15 juin, montre un vrai changement par rapport à la même étude réalisée un an auparavant. Il faut dire que la promotion 2020 avait souffert des effets de la crise sanitaire. Son taux d’emploi avait dévissé : il était de 79 % six mois après leur sortie d’école, contre 90 % pour la promotion 2021.

Au moment de l’enquête (en début d’année 2022), 89 % des interrogés étaient en CDI. « Les principaux indicateurs ont retrouvé leur niveau d’avant-crise. Le contexte est très favorable aux jeunes diplômés », commente Nicolas Glady, directeur de Telecom Paris.

Les rémunérations en témoignent. Pour la promotion de 2021, le salaire brut annuel s’élève à 36 550 euros en moyenne, contre 35 460 euros lors de la même enquête il y a un an. Une progression à prendre avec des pincettes : en euros constants, le salaire d’embauche des diplômés des grandes écoles est légèrement à la baisse depuis quinze ans.

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L’apprentissage continue sa percée

Sans surprise, les secteurs qui paient le mieux sont les activités financières et les assurances. Les jeunes ingénieurs qui ont choisi de commencer leur carrière dans ces domaines gagnent en moyenne 42 800 euros. Pour les diplômés d’écoles de commerce, c’est encore plus : la moyenne se situe à 45 300 euros.

En bas du tableau figurent l’industrie textile, l’audiovisuel, ou encore le commerce : les salaires perçus par la promotion 2021 dans ces secteurs tournent autour de 34 000 euros par an. Du côté des ingénieurs, les salaires les moins élevés concernent les diplômés travaillant dans la recherche et le développement. Ou bien ceux qui officient dans l’agroalimentaire (31 800 euros par an), qui est aussi le secteur où la part de femmes est la plus importante.

C’est dans le secteur de la banque et des assurances que les écarts de salaire entre les hommes et les femmes sont les plus forts

Globalement, les diplômés des écoles de commerce sont un peu mieux payés (+6 %) que ceux qui sortent des écoles d’ingénieurs. Mais de manière persistante, les femmes continuent, dès leur sortie d’école, à percevoir des salaires inférieurs à ceux des hommes : par an, les diplômées touchent 1 760 euros de moins que leurs confrères. La Conférence des grandes écoles a cartographié les domaines où les différences entre hommes et femmes sont les plus importantes : c’est dans le secteur de la banque et des assurances que les écarts sont les plus forts.

En outre, les diplômés sont de moins en moins nombreux à s’expatrier après leurs études. La part de ceux qui sont en poste à l’étranger est en baisse tendancielle depuis quelques années : elle concerne 11,7 % de la promotion 2021, alors qu’il y a dix ans, ce taux oscillait autour de 15 %. En haut du podium des destinations : la Suisse, qui a dépassé le Royaume-Uni. Figurent, derrière, le Luxembourg et l’Allemagne. Chez les Helvètes, les salaires des jeunes diplômés atteignent des sommets : ceux qui ont répondu à l’enquête déclarent en moyenne 69 600 euros bruts par an.

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Enfin, l’apprentissage continue sa percée dans le monde de l’enseignement supérieur, alors même que l’effet des aides récentes n’est pas totalement visible dans les chiffres de cette année. Ce mode d’étude devient de plus en plus fréquent : 36 % des diplômés des écoles de commerce ont suivi leur dernière année de master en alternance, et 14 % des ingénieurs.